RECLAIM architecture – ce que les pensées féministes & décoloniales font à l’architecture est une exposition, présentée pour la première fois à l’ENSA Grenoble en février 2025, sous le commissariat collectif de Marine Beuerle, Nolwenn Biger, Hakima El Kaddioui, Ambre Guetin, Daphné Hamilton-Jones, Mathias Rollot, Sonia Te Hok.
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L’exposition reclaim architecture propose de mettre en lumière la longue histoire des pensées féministes et décoloniales de l’architecture à destination des communautés des écoles nationales supérieures d’architecture. Fruit d’un travail curatorial modeste, bricolé avec enthousiasme par une petite équipe entre septembre 2024 et février 2025, l’exposition s’appuie sur l’histoire de la pensée pour montrer la possibilité de penser autrement l’architecture et l’urbanisme – en synergie avec ces mouvements sociaux.
Par des posters bibliographiques autant que par le biais de panneaux monographiques présentant le parcours et la pensée d’auteur·ices de renom sur ces questions, l’exposition donne à sentir quelques fragments marquants sur ces problématiques complexes du genre et de la race dans la théorie et la pratique de l’architecture. Elle tente aussi de présenter des pensées non-francophones, pour l’heure très peu traduites et importées. Ce faisant, elle entend apporter des pièces à conviction prouvant que les entrées féministes et décoloniales pour l’architecture ont déjà été travaillées de nombreuses fois à l’international. Il s’agit d’une exposition à valeur anthologique et historique, un travail de synthèse et de valorisation de travaux existants, parfois depuis plusieurs décennies; une exposition engagée dans une logique de visibilisation plus que dans le développement d’une hypothèse inédite. C’est une occasion de donner à lire la diversité des perspectives pour aborder ces sujets.
Les luttes féministes et décoloniales ne sont ni des modes, ni des produits, ni des styles architecturaux. En quoi cette exposition n’entend pas montrer ce que serait une architecture «féministe» ou «décoloniale», mais propose plutôt d’utiliser ces perspectives pour souligner l’urgence de penser, dire, enseigner et faire d’une façon radicalement «autre» l’architecture. Pour cela reclaim architecture propose de mettre en lumière quelques travaux et postures sélectionnés parmi la multitude d’exemples d’applications et d’interprétations possibles des perspectives féministes et décoloniales. A sa manière, chacun de ces travaux lutte contre les répercussions concrètes des systèmes coloniaux et patriarcaux sur «l’architecture», et dénonce la reproduction de ces systèmes par l’architecture (en tant qu’objet et en tant que discipline) – qu’il s’agisse pour cela d’analyser quels corps sont inclus, exclus ou enfermés ; quels savoirs, savoirs-faire et matériaux sont utilisés ; de quels façons nous concevons, définissons et enseignons ce qui fait une «bonne architecture» ; ou encore qui sont les acteur·ices avec, pour et contre qui nous pensons «faire architecture».
Menée par une équipe d’architectes et d’étudiantes en architecture, cette exposition se veut aussi réflexive qu’opérante. En cela, elle propose des leviers d’actions pour repenser radicalement l’architecture, ses théories, ses pratiques et ses enseignements. Elle s’adresse sans distinction aucune, aux communautés d’étudiant·es, aux enseignant·es, aux administratif·ves, aux praticien·nes, et aux cherchereux·ses.
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Le site internet https://reclaim-architecture.com/ propose la grande majorité des contenus de l’exposition en libre accès.
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Ce travail a été recensé sur la plateforme internationale Feminist Spatial Practices et a fait l’objet d’un article dans la revue L’Architecture d’Aujourd’hui.
